La mode

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Durant ces années, dans un apprentissage peu conventionnel, c’est peu de le dire mais j’y reviendrai, nous nous sommes formés à l’art de voir. Etre un bon architecte, ou un bon graphic designer ou un bon artiste c’est avant tout avoir un oeil, savoir juger et se juger. Arriver à percevoir où on en est de son travail, si l’on s’approche de l’aboutissement ou non. Observer et ressentir. L’art est une chose beaucoup plus profonde que cela évidemment et nous en reparlerons sans doute, mais il fallait acquérir ce recul qui nous donnerait le droit de déposer un peu de nous-mêmes sur un territoire, quel qu’il fut.

C’est aussi pendant cette période que s’est développé mon goût pour la mode. A cela diverses explications. Au départ il fallait se distinguer. C’est un jeu un peu idiot de jeunes personnes qui éprouvent le besoin de dire qui elles sont et surtout qui elles ne sont pas à l’aide de leur accoutrement. On abandonne son apparence d’enfant trop sage pour se trouver une autre personnalité. Ensuite il y a eu des rencontres. I… qui chaque jour faisait de son corps, de son être, une œuvre. Il lui était difficile de s’affirmer, on sentait toute une souffrance intime qu’elle parvenait pourtant à dépasser en se couvrant d’une apparence magnifiquement étudiée et équilibrée.

Et puis le lieu. Le quartier. Les Beaux-arts à Saint-Germain des Prés. Il y régnait une atmosphère que je ne pourrai décrire en quelques mots mais qui a pourtant disparu. Nous errions entre des fantômes à qui nous laissions une grande place. Saint-Germain c’était la culture, c’était le passé, à l’époque où il existait encore pour les jeunes personnes. Nous allions dans de petits cinémas découvrir ou redécouvrir des films de JL Godard ou d’I Bergman ou J Cassavetes. Et puis à quelques encablures des caves dans lesquelles avaient joué des monstres du jazz tout cela était très inspirant et presque magique.

Le soir je rentrais dans ma banlieue pour chaque jour retourner à Saint-Germain, traverser la Seine et bus, puis enfin me retrouver dans cet espace, petite portion d’un tout beaucoup plus grand, des Beaux-Arts.

Mélangeant les pièces de quelques enseignes comme Corinne Sarrut (photo), Agnes B., ou autres, et nous avons commencé à nous habiller d’une manière nostalgique. Les années 90 réinterprétaient la féminité des années 40 à leur sauce. Nous portions des jupes longues, des hauts souvent cintrés et des chaussures à hauts talons carrés (Free Lance), avec des brides la plupart du temps. Car nous étions féminines sans l’assumer. Il nous fallait rester rock d’une certaine manière et c’est ainsi que chaque élément de notre garde robe se devait d’être un peu décalé.

Through those years, in a very unconventional way of learning (unconventional were the teachers, we’ll talk about it) we were trained to see. To be a good architect or graphic designer or artist you need to have a good eye, being able to judge you and your work to evaluate which point you’re at. Observe and feel if you are close to achieving.

Art is a much deeper thing as we’ll see, but we needed to be at this stage of awareness that would give us the right to put a slight piece of us on a territory.

At this time I developed my passion for fashion. First we needed to look different from the others. Find and show your personality. I… had transformed her body into a piece of art. You could feel that she was deeply in pain, but in a way she overcame by showing people a certain version of her. Everyday it was perfectly balanced.

Also was the place, the area. The Beaux-arts in Saint-Germain des Prés. There used to be such a peculiar atmosphere, that is gone now. We were wandering among ghosts, never disturbing them. Saint-Germain was culture, it was the past, at this time when it still existed. We would go to tiny theatres to watch big movies by JL Godard or I Bergman or J Cassavetes. And then, not far, those basements in which many Jazz legends had played. This was so inspiring.

Every night I would go back to my suburb to come again in Saint-Germain the day after, cross the Seine and finally be in that small place, part a the very bigger Beaux-Arts.

We were mixing French designer’s pieces like Corinne Sarrut (picture), Agnes B, and others, and started to dress in a nostalgic way. This was a reinterpretation of the forties. Our skirts were long and our top were close-fitting, with big block heels shoes (Free Lance). We were feminin but without totally accepting it. We needed to keep a rock attitude.

 

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