Fashion is French, France is Fashion

Vingt années à se projeter. Bientôt trente si l’on compte nos années d’étudiants. Et durant tout ce temps un à côté de la beauté indispensable, cette chose étrange qui vous aide à vous tenir debout face aux autres. A se définir. A être. Et à rêver aussi.

Corrigez-moi si je me trompe mesdames mais rêver à des belles choses que l’on pourra porter pour une occasion ou non n’est-il pas un des moteurs de notre vie de femmes ? surtout dans notre pays où la mode fait partie de l’art de vivre. Qui se perd un peu comme me le faisait remarquer un jour une femme d’un certain âge dans la salle d’attente d’un cabinet médical. Elle avait été mannequin puis vaguement actrice, avait côtoyé quelques belles et fameuses personnes et ne pouvait s’empêcher de remarquer que les gens ne s’habillaient plus. Elle parlait de relâchement insupportable. Il est vrai que le Casual a tué une forme de beauté. Que le streetwear a laissé nos rues être envahies de formes indéterminées qui évoluent avec plutôt moins que plus de grâce au son d’une musique que les anciens ont du mal à trouver harmonieuse. On voit souvent sur les réseaux sociaux deux photos accolées montrant d’un côté l’élégance telle que perçue dans les années quarante ou cinquante, et celle parfois outrageusement extravagante que l’on voit dans certains défilés. Je ne sais pas si la provocation est commerciale. Je ne sais pas s’il faut aller toujours plus loin. Je me souviens de cette époque où ils ont commencé à faire des talons de douze ou treize centimètres et puis tout a continué dans une sorte de délire autorisé.

Mais avant cela il y eut un équilibre. Je crois beaucoup en l’équilibre, il me fait penser à ce qu’Orwell appelait la common decency. Et bien que l’on ait tenté de s’en éloigner, de diverses manières, dès que l’on a commencé à parler de « contemporain » en art, on y retourne parfois, souvent. C’est une chose fragile que l’équilibre. Cela relève du funambulisme. C’est dans cela que se trouve le génie. Le génie d’un créateur comme le génie des peuples. Cette chose qui disparait, comme la décence a disparu, ou s’est trouvée tellement estompée qu’on en cherche les vestiges un peu partout, comme un mendiant de la civilité.

Lorsque je dessinais des maisons, je cherchais cet équilibre, dans les proportions mais pas seulement. On pourrait en édicter des règles, mais on n’édicte plus, alors on utilise ses sens, et tout ce que les générations antérieures nous ont transmises. Jusqu’à ce que l’art contemporain prenne le pas sur ce qui l’avait précédé. Qu’on ne s’y trompe pas, je ne rejette pas la contemporanéité. Le prof qui a sans doute le plus marqué ce que serait ma carrière au long cours est Claude Levêque. Cet homme qui fut notre prof d’arts plastiques pendant toute la durée de nos études nous a appris l’art du décalage. Et l’on entrait ainsi dans la subtilité.

Twenty years making projects. Almost thirty if you include our studies. During all this time, along with this search for beauty, was this strange thing that defines you in others eyes. And helps you dream.

Correct me if I’m wrong ladies but what would we be if we weren’t looking for what we’ll be wearing on a special occasion or just tomorrow? Mostly in France where fashion is an art of living. That tends to disappear as would notice this woman I met in a doctor’s waiting room. She used to be a model and an actress, had met some famous characters and was regretting how people don’t dress up anymore. It was unbearable to her. Casual clothing, streetwear, put an end to something. We now get to see undefined forms walk the streets, with not much grace. Elegance in the past is not comparable to what it has become, mainly if you look at some very provoking fashion shows. I remember when they started to make those 13cm heals, from then everything seemed to be authorized.

Before that, there used to be a balance. Balance is something I believe in very much, makes me think of what Orwell would call common decency. Even though it’s not really something we try to focus on now, mostly in contemporary art, we sometimes need to get back to it. How fragile balance is. It’s like riding on a wire. This is where stands the genius, of a creator or of the people. It tends to disappear, like decency has disappeared, or has faded so much that you will look for the rest of it everywhere, as if you were begging for civility.

When designing houses I pay deep attention to this precious balance, in the proportions but not only. You could edict rules, but you don’t do that kind of things anymore, so you use your senses and the ancients’ legacy. Don’t get me wrong, this is not rejecting contemporaneity. The most influent teacher I had was famous artist Claude Levêque. He’s been our teacher all way long and tought us the art of shifting.

And then comes subtlety.

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Claude Levêque
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Sans titre, 1994
Dispositif in situ, exposition L’Hiver de l’amour, ARC/Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Chemises blanches, enceinte en parpaings
Photo Marc Domage
© ADAGP Claude Lévêque. Courtesy the artist and kamel mennour, Paris
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Boutique Agnes B

 

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